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Jean-Paul PALEWSKIPALEWSKI (Jean-Paul, Albert) Né le 19 juillet 1898 à Paris (5ème) Décédé le 10 décembre 1976 à Paris Membre de la première et de seconde Assemblée nationale constituante (Seine-et-Oise) Député de la Seine-et-Oise de 1946 à 1955 Jean-Paul Palewski est le fils d'un immigré polonais arrivé très jeune en France, ayant fait de brillantes études à l'Ecole centrale et qui fut par la suite ingénieur des arts et manufactures dans l'industrie aéronautique. Sa mère, fort impliquée dans diverses œuvres de charité, reçut à ce titre plusieurs décorations d'assistance sociale et la Médaille de la reconnaissance française pour son dévouement à la cause nationale durant la première guerre mondiale. Frère aîné de Gaston Palewski, il étudie au collège Sainte-Barbe puis au Lycée Rollin à Paris. Reçu à l'Ecole spéciale militaire de Saint-Cyr en 1916, il s'engage comme volontaire dans l'infanterie. Il quitte son école en 1917 et rejoint à Verdun le 70ème RI. Il est par la suite détaché auprès du 2ème régiment de chasseurs de l'armée polonaise constitué en France qu'il accompagne jusqu'en Pologne. Il est promu lieutenant puis capitaine à titre temporaire. Il reçoit la Légion d'honneur, la Croix de guerre des territoires d'opérations extérieures avec trois citations, la Médaille de l'indépendance polonaise et la Croix de guerre polonaise. En 1919, une fois rentré en France, il quitte l'armée et commence des études en droit à la Sorbonne qui le conduisent au doctorat. Epris d'histoire des idées politiques et de sociologie, il choisit comme sujet de thèse "Le rôle du chef d'entreprise dans la grande industrie". Cette préoccupation, déjà perceptible chez le jeune étudiant, sera récurrente chez l'avocat comme chez l'homme politique. Il publiera, de reste, une Histoire des chefs d'entreprise chez Gallimard en 1928. Il étudie également à l'Institut des hautes études internationales puis, à partir de 1923, à l'Académie de droit international de La Haye. Il effectue à cette époque une rencontre décisive pour sa vie spirituelle et intellectuelle, celle de l'abbé et académicien Henri Brémond, auteur d'une monumentale Histoire littéraire du sentiment religieux en France. Ce dernier le convainquit de quitter la religion juive pour se rallier le catholicisme. Cette conversion a marqué d'importance le parcours de Palewski, ce dont l'œuvre littéraire et historique, de Ce qu'il faut savoir de l'âme polonaise (1929) et des Vies polonaises (1932) jusqu'aux Pensées d'un otage (1945), témoigne largement. Il s'inscrit au barreau de Paris en 1923 et se spécialise dans les questions financières et internationales comme de propriété industrielle. Il fut également avocat de la Chambre de commerce internationale, du Trésor public et de l'ambassade de Pologne durant l'entre-deux-guerres. Il épouse en 1931 la sœur de Christian Fouchet, dont il aura six enfants. Durant les années trente, il milite dans les rangs du Centre de propagande des républicains nationaux aux côtés de Jacques Legendre. Il remplit également les fonctions de conseiller juridique de la Fédération des périodiques républicains nationaux, une organisation satellite du CPRN dirigé par Henri de Kerillis. Par les liens de ce dernier avec Paul Reynaud, comme le rôle joué par Gaston Palewski auprès du futur président du Conseil, on peut rattacher Jean-Paul Palewski à la "galaxie Reynaud". Mobilisé en août 1939, Jean-Paul Palewski rejoint le 117ème RI et combat à Forbach avant d'être détaché auprès de la 2ème division polonaise de France. Il lutte alors sur le plateau de Mache, dans le Jura. Il est fait prisonnier et interné en Suisse. Libéré en 1941, il entre en résistance. Il est arrêté en avril 1944 et interné politique d'abord aux camps des Tourelles puis du Mont-Dore, d'où il s'évade pour rejoindre le maquis de Saint-Genest, dans le Cantal. Revenu clandestinement à Paris en juin 1944, il rallie les FFI. Il a été blessé lors des combats de la libération de Paris. Son engagement résistant lui vaudra le grade d'officier de la Légion d'honneur - il a terminé sa vie commandeur. Il a également reçu la Croix de guerre 1939-1945 avec trois citations et la Médaille de la Résistance. Si la carrière politique de Jean-Paul Palewski ne commence pas à proprement parler à la Libération, elle prend alors une nouvelle dimension. Elu pour la première fois conseiller municipal de Louveciennes, dans la Seine-et-Oise, en 1935, il en devient maire entre 1944 et 1947. Lors des élections à la première Assemblée constituante, le 21 octobre 1945, il conduit la liste MRP dans la Seine-et-Oise. Avec 100 142 des 359 798 suffrages exprimés, sa liste arrive en seconde position derrière celle du Parti communiste et recueille 27,8% des voix. Elle obtient trois des huit sièges à pourvoir, autant que les communistes, les deux derniers incombant à la liste SFIO. Jean-Paul Palewski est alors nommé juré à la Haute Cour de justice et membre de la Commission des affaires économiques, des douanes et des conventions commerciales. Il s'impose d'emblée comme un parlementaire très actif. Ainsi rend-il un certain nombre d'avis au nom de sa Commission sur l'établissement d'une convention entre le gouvernement français et l'Import-Export Bank ou à propos de la création du FMI et de la BIRD le 22 décembre 1945. Il dépose une proposition de loi tendant à dissoudre les comités d'organisation. Il intervient également au sujet de la composition et la compétence du Conseil économique ou sur la nationalisation de certaines sociétés d'assurances. Il vote en faveur des nationalisations mais contre le premier projet de Constitution. Il dirige à nouveau la liste MRP aux élections du 2 juin 1946. Avec 28,6 % des voix, soit 104 335 des 364 617 suffrages exprimés, Palewski est réélu député mais sa liste, arrivée en deuxième position, perd un de ses trois sièges. Il retrouve la Commission des affaires économiques, des douanes et des conventions collectives et rejoint celle de la justice et de la législation générale. La teneur de ses interventions et de ses dépôts est encore très économique. Au nom de sa commission, il rend un avis favorable aux accords entre la France et les Etats-Unis sur le règlement du prêt-bail (30 juillet 1946). Il vote en faveur du second projet constitutionnel le 28 septembre 1946. Il prend la tête de la liste républicaine populaire dans la 2ème circonscription de la Seine-et-Oise lors des élections de novembre 1946. Alors que le Parti communiste progresse sensiblement, passant de 32,3 % à 34,8 % des voix et de trois à quatre sièges, le MRP ne recueille que 83 715 des 358 267 suffrages exprimés, soit 23,3 % des voix. Il conserve néanmoins ses deux élus sur les neuf sièges à pourvoir. Palewski est donc réélu sous les couleurs du MRP, mais sa trajectoire politique se découple rapidement de celle des démocrates chrétiens. La fondation et les succès électoraux subséquents du RPF en avril 1947 ne sont pas sans effets sur la cohésion des républicains populaires, notamment chez ceux qui, à droite, voyaient en 1945 essentiellement un havre dans le MRP Jean-Paul Palewski, dont la proximité du frère avec le général de Gaulle est ancienne et notoire, est de ceux-là. À l'heure où se pose la question d'un intergroupe MRP-RPF en faveur duquel il milite, une crise éclate au sein du MRP autour du vote de la confiance au gouvernement Ramadier remanié (séance du 30 octobre 1947). Alors que le mouvement avait décidé de le soutenir, Palewski, avec onze autres parlementaires, s'abstient. Il est convoqué avec Michelet et Terrenoire devant la commission de discipline du parti dont il refuse l'avertissement. Il est alors exclu du MRP et s'inscrit dans le groupe de l'Union démocratique des indépendants. S'agissant de son activité strictement parlementaire, Palewski est nommé entre-temps à la Commission des affaires économiques dont il devient vice-président puis président, à celle chargée d'enquêter sur les événements survenus en France de 1933 à 1945, puis aux Commissions de la réforme administrative, des finances (1947), des immunités parlementaires de la justice, et de la législation (1949). Il est également désigné à diverses sous-commissions. Il est enfin nommé juré à la Haute cour de Justice. Son activité demeure aussi assidue que diversifiée. Il dépose près d'une centaine d'avis, de rapports, de propositions de loi ou de résolution et prend tout aussi régulièrement la parole. Ses interventions s'orientent avant tout vers les questions économiques et fiscales. Il rend l'avis de la Commission des affaires économiques au sujet du budget de reconstruction (4 mars 1947), de la lutte contre l'inflation (27 janvier 1948), des échanges commerciaux avec les autres pays européens. Nommé vice-président du Conseil supérieur de la propriété industrielle, il manifeste son intérêt pour les brevets d'invention, notamment militaires. En outre, il dépose de nombreuses propositions relatives à la rationalisation des services publics. Il suggère ainsi la réforme des méthodes de travail de diverses administrations, le 16 juin 1948, ou encore la création d'un ministère des affaires économiques et la réforme de l'administration économique le 21 juin. Palewski dépose enfin diverses propositions de résolution pour défendre le patrimoine de son département, notamment le château de Versailles et son parc. Ses interventions, nourries d'un certain lyrisme, sont pour la plupart liées à son activité parlementaire. Il participe en outre aux discussions budgétaires et interpelle régulièrement les gouvernements successifs sur leur politique économique. S'il ne s'oppose guère aux nationalisations et soutient même le nouveau projet de loi instituant Air France (29 juin 1948), il fustige volontiers le caractère trop souvent rigide de leur mise en œuvre (12 juin 1948). Il intervient enfin sur la titularisation de divers personnels intérimaires ou l'octroi d'aides financières aux jeunes. Il soutient la plupart des gouvernements successifs, vote la confiance au gouvernement Ramadier - c'est-à-dire entérine le départ des ministres communistes - (4 mai 1947), se prononce en faveur du statut de l'Algérie (27 août 1947), du plan Marshall (7 juillet 1948) ou du pacte atlantique (26 juillet 1949). Il s'abstient lors du remaniement du cabinet Ramadier (30 octobre 1947), sur le projet de loi relatif aux conventions collectives (4 janvier 1950) et vote contre la loi sur les apparentements (7 mai 1951). Après avoir adhéré au RPF, Palewski en conduit la liste aux élections de juin 1951. Il est remplacé par Gilbert Cartier à la tête de la liste MRP. Secondé par le maire de Versailles, André Mignot, Palewski gagne son pari puisque, avec 102 577 des 363 970 suffrages exprimés, soit 28,2 % des voix, sa liste remporte deux des neuf sièges en jeu, laissant en 5ème position le MRP qui, avec 7,9 % des voix, ne sauve qu'un siège. Il retrouve la vice-présidence de la Commission des finances, est nommé membre de celle de la justice et de la législation en 1953 et de diverses sous-commissions, dont celle des Etats associés d'Indochine en 1955. Il est membre du Comité directeur du FIDES à partir de 1951 et rapporteur du budget de la défense de 1953 à 1955. Son intense activité parlementaire ne fléchit pas. Il dépose plusieurs dizaines de propositions de loi ou de résolution relatives aux pensions civiles, aux retraites, à divers statuts professionnels. Il propose la création d'un Conseil de coopération douanière au sein de l'Union française lors de la séance du 24 mars 1953. Au nom de la Commission de la justice et de la législation, il rend enfin un avis peu favorable au traité instituant la C.E.D. le 20 juillet 1954. Ses nombreuses interventions restent d'une teneur essentiellement économique, sociale, budgétaire et relèvent, pour la plupart, d'aspects extrêmement techniques. Il continue de plaider en faveur de la création d'un ministère autonome des Affaires économiques et d'un budget quinquennal plutôt qu'annuel (séance du 7 juillet 1953). Ses interventions en matière militaire portent sur les questions de soldes ou le rétablissement de l'École spéciale militaire de Saint-Cyr à Saint-Cyr (séance du 19 mars 1954). Il continue en outre de défendre les intérêts culturels de son département. Palewski intervient également sur des questions plus politiques, notamment sur le conflit indochinois dont il juge sévèrement la gestion française. Ainsi, le 8 avril 1954, interpelle-t-il le gouvernement sur la situation en Indochine. De même s'interroge-t-il sur la situation au Vietnam le 18 décembre 1954. Inquiet du triomphe du Vietminh, il plaide pour le maintien de la présence française dans le Sud-Est asiatique. Le 23 novembre 1955, il critique l'immobilisme de la politique française au Vietnam et s'ouvre publiquement de ses inquiétudes sur la situation française en Afrique du Nord où il dénonce le manque de coordination et de moyens militaires Il se fait également le pourfendeur de la CED lors de sa discussion, le 28 août 1954. Il met notamment en garde le gouvernement contre les conséquences juridiques du traité de Paris pour la France, étaye sa démonstration par le refus de la Belgique de les accepter et dénonce les risques d'affaiblissement de la souveraineté nationale. Après s'être abstenu lors des investitures de Faure et de Pinay, Palewski accorde sa confiance à Laniel (mais la lui refuse le 12 juin 1954), à Mendès France et à Faure (dont il se désolidarise le 29 novembre 1955). Il approuve la loi Marie-Barangé, s'oppose à la CECA, au cessez-le-feu en Indochine et à la CED. Il vote la ratification des accords de Genève, de Londres et de Paris. Il se prononce enfin en faveur de l'instauration de la loi sur l'état d'urgence en Algérie le 31 mars 1955. Candidat à sa propre succession aux élections législatives du 2 janvier 1956, Jean-Paul Palewski conduit la liste des républicains sociaux mais subit un échec cuisant. Avec seulement 18 510 des 448 365 suffrages exprimés, il ne recueille que 4,1 % des voix et ne retrouve pas son siège de député. Il est alors nommé juge à la Haute cour de justice et reprend son cabinet d'avocat. Il rejoint également en qualité de conseiller technique le Comité d'aménagement de la région parisienne. Il reste politiquement dans le sillage du général du Gaulle et opère son retour politique à l'occasion des élections législatives des 23 et 30 novembre 1958 sous les couleurs de l'U.N.R. dans la 3ème circonscription (Saint-Germain, Rueil) de la Seine-et-Oise. Avec 17 321 des 59 419 suffrages exprimés, soit 29,15 % des voix, il arrive en tête au premier tour et l'emporte au second avec 37 094 des 59 419 suffrages exprimés, soit 64,7 % des voix. Palewski retrouve ainsi son siège de député et sera réélu jusqu'en 1973 dans la 2ème circonscription de la Seine-et-Oise (Chatou, Saint-Germain) puis des Yvelines. Inscrit au groupe UNR puis UD-Vème République, il préside de 1962 à 1967 la Commission des finances, de l'économie générale et du plan. Il entre par ailleurs le 19 mars 1961 au comité central de l'UNR puis de l'UDR (1967-1971) dont il rejoint le bureau politique en 1970. Il préside de 1958 à 1963 la délégation parlementaire française auprès de l'OTAN, les groupes d'amitié France-Pologne et France-Amérique latine. Il fut vice-président du groupe d'amitié France-Etats-Unis et de l'Association internationale des parlementaires de langue française. En 1967, il est élu conseiller général du canton de Saint-Germain-en-Laye et porté à la présidence du conseil général des Yvelines Il a aussi appartenu au conseil supérieur de la propriété industrielle qu'il présida un temps, à la commission nationale des secteurs sauvegardés, au conseil d'administration du Conservatoire national des arts et métiers ou au conseil des Bibliothèques de France. Parlementaire chevronné et éloquent, gaulliste convaincu et figure importante de la vie politique en Île-de-France, Jean-Paul Palewski est mort le 10 décembre 1976 à l'hôpital de La Salpêtrière alors qu'il demeurait député et président du conseil général des Yvelines. |